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Les Amognes : fiche d'identité.

Situé au sud-ouest du département de la Nièvre, le site « Bocage, forêts et milieux humides des Amognes et du bassin de La Machine » se distingue par son paysage encore bien préservé et typique du Nivernais central, c’est-à-dire par une alternance de collines, de vallées humides, de haies, de fossés ou encore de ruisselets.

L’Homme a façonné le territoire par ses activités ce qui a permis d’obtenir une mosaïque de milieux naturels tels que les massifs forestiers, les prairies bocagères, les zones humides… qui constituent des zones de reproduction, d’alimentation et d’accueil pour un grand nombre d’espèces animales et végétales.

 Au sein d’un paysage dominé par l’agriculture, en particulier l’élevage, et la sylviculture, le site a su conserver son patrimoine naturel et son identité paysagère grâce à des pratiques conduites en adéquation avec l’environnement local. La gestion sylvicole traditionnelle est favorable au maintien voire au retour de certaines espèces rares et menacées à l’échelle européenne comme la Cigogne noire. Il est donc nécessaire d’encourager ces bonnes pratiques menées par les forestiers locaux.

Le site des Amognes et du bassin de la Machine s’étend sur une superficie de 32 765 ha.

Pourquoi une si grande superficie, me direz-vous ? L’objectif est d’avoir une cohérence paysagère à grande échelle pour la conservation des populations d’espèces, plutôt que d’avoir plusieurs reliquats fragmentaires disséminés. En effet, une grande zone permet aux espèces de se déplacer et de se reproduire puisque des échanges entre les populations sont possibles, ce qui n’est pas le cas pour des zones relictuelles éloignées les unes des autres.

En raison de cette richesse écologique, le site « Bocage, forêts et milieux humides des Amognes et du bassin de la Machine » a été proposé pour intégrer le réseau Natura 2000.

Natura 2000 a pour finalité de concilier la conservation de la biodiversité avec le développement des activités humaines. Dans le contexte local, Natura 2000 sera un outil pour permettre le maintien et la valorisation des pratiques exercées sur le territoire qui sont favorables à la conservation des différentes espèces.

Habitats et espèces

Les habitats naturels

Quatorze habitats d’intérêt européen ont pour le moment été inventoriés. Ils constituent une mosaïque de milieux favorables à l’alimentation, à la reproduction et au déplacement des espèces animales comme les amphibiens. Ces milieux sont également des zones majeures d’alimentation pour diverses espèces d’oiseaux. Les grandes forêts composées de Hêtres et de Chênes forment une diversité de milieux favorables aux différentes espèces de Pics et à la nidification de la Cigogne noire.

Paysage des Amognes A Chamiot Prieur

Les espèces

Les mammifères

Les chauves-souris, sont des mammifères insectivores nocturnes. En hiver, elles se soustraient à la mauvaise saison en hibernant dans des grottes, caves d’habitations, trous d’arbres... En été, les femelles forment des colonies où chacune donne naissance à un seul jeune.

Les chauves-souris affectionnent tant pour la chasse que pour leurs déplacements les prairies bocagères à linéaires de haies, les zones boisées en bordure de cours d’eau et également les zones humides.

Les sites Natura 2000 des Amognes et du bassin de La Machine accueillent, plusieurs colonie de mise bas pour le Petit Rhinolophe dans des bâtiments et des habitations. En 2016 et 2017, deux études ont permis de mieux comprendre et mieux connaitre ces mammifères en milieux forestiers. 17 espèces de chauves souris ont été recensées sur les 24 de la région. Parmi elles : la Barbastelle d'Europe , le Verpertilion de Bechstein, le Murin à oreilles échancrées, le Murin d'Alcathoe, le Murin à Moustaches, l' Oreillard roux.

Le Castor d’Europe, ce gros rongeur menacé en France et réintroduit sur le cours de la Loire, recolonise progressivement ses affluents. Cette espèce a besoin de cours d’eau sauvages ainsi que des bandes boisées riches en saules pour son alimentation.

Les amphibiens
Le périmètre du site des Amognes coïncide avec l’habitat d’une forte population de crapaud Sonneur à ventre jaune.

Ce crapaud mesure quatre à cinq centimètres de long et consomme des limaces, vers, insectes et autres invertébrés. Il fréquente les secteurs riches en points d’eau peu profonds (sources, suintements, mares, ornières forestières, fossés…).

Lors de ses déplacements annuels, il peut parcourir quelques centaines de mètres à 10 km pour coloniser de nouveaux milieux. Pour cela, il utilise les haies, les forêts et les linéaires boisés de bord de cours d’eau.

Cette espèce est d’intérêt communautaire puisque ses effectifs sont en régression en France et en Europe. Sa présence donne donc au site des Amognes un fort intérêt dans la conservation de cette espèce.

Sonneur à ventre Jaune P Loquet



Le site accueille aussi le Triton crêté, espèce assez rare et menacée en Bourgogne du fait de la rapide disparition de ses milieux de reproduction (mares, abreuvoirs, fossés ou petits étangs dépourvus de poissons). Les populations les plus importantes sont situées dans les régions de bocage car l'espèce trouve son refuge hivernal dans les talus, haies et bosquets.

Les oiseaux
Avec ses massifs forestiers, son bocage et ses zones de prairies et de plaines, le site des Amognes accueillent de nombreuses espèces d'oiseaux. On dénombre ainsi  32 espèces d’intérêt européen, dont 19 se reproduisent avec certitude sur le site. La mosaîque de milieux offre des zones d’alimentation aussi bien en période de reproduction que de migration ainsi que des sites de nidification favorables.

La Cigogne noire est menacée en France en raison de ses effectifs restreints dans notre pays.

Le plateau Nivernais, et la zone des Amognes en particulier, occupe une place stratégique dans l’expansion actuelle de l’espèce en France et en Europe de l’ouest. Il offre à la fois des zones d’alimentation en période de reproduction et de migration et des sites de nidification potentiels.

Les pics (Pic cendré, Pic noir et Pic mar) plus ou moins rares dans le département de la Nièvre, sont tous inféodés aux forêts de feuillus (chêne ou hêtre) plus ou moins âgées.

Ces pics se nourrissent principalement de fourmis et d'insectes xylophages qu'ils prélèvent dans les arbres morts ou dépérissant et les bois morts gisant à terre.

Le Busard Saint-Martin et le Busard cendré, deux rapaces, nichent généralement au sol dans les cultures, les jachères et également les coupes forestières. Ils chassent les petits mammifères dans ces milieux et les prairies bocagères. Les nichées sont souvent détruites par la moisson des céréales trop précoce.

Le cortège de Pics et la Cigogne noire ont justifié la désignation du site en Natura 2000.

Pic noir L Jouve Cigogne noire D Dupuy